5 juillet 2020

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dimanche, 18 novembre 2012 10:07

Quel impact du politique sur l’économique ?

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Les importations au Maroc ont connu une fulgurante croissance cette dernière décennie alors que les exportations ont maintenu un rythme de croissance modeste. En effet, les importations ont été triplées dans l’espace de 10 ans en passant de 106 Mdhs en 2000 a 299 Mdhsen 2010. Par ailleurs, les exportations ont doublé entre 2000 et 2010 en passant de 74 Mdhs à 148 Mdhs.  D’après les données du Ministère de l'Economie et des Finances du Royaume : (http://www.finances.gov.ma/portal/page?_pageid=53,17813784&_dad=portal&_schema=PORTAL), le déficit commercial s’est creusé considérablement en passant de 32 Mdhs à 150 Mdhs. En analysant les données ci-dessus nous pouvons constater que l’année 2004 représente un revirement en termes d’importations. La croissance entre 1999 et 2003 était de 24 % alors qu’en 2004 elle était de 15 % et entre 2004 et 2011 elle a atteint 111%.Cette tendance montre clairement que l’année 2003 a connu un changement de la politique commerciale du pays d’autant plus qu’elle coïncide avec  la fin du gouvernement d’alternance  à tendance socialiste.

Par ailleurs, une autre constatation pourrait être  faite au niveau de l’évolution de la valeur ajoutée  par branche. En effet, La valeur ajoutée en général s’est appréciée en passant de 3,3 % (1999 à 2002) à 5% (2003 à 2009). Néanmoins, une analyse de l’évolution des différentes branches s’avère nécessaire.

La croissance des valeurs ajoutées par branche en volume  est décrite dans le rapport du ministère des finances : http://www.finances.gov.ma/depf/publications/en_chiffres/bord_annuel/tableau_annuel.pdf

Le secteur primaire a connu une croissance importante entre 2003 et 2009 de l’ordre de 7.2% versus une évolution négative entre 1999 et 2002 de 1.8%. Cette performance négative est due principalement aux deux premières années 1999 et 2000 où la décroissance a atteint respectivement -14.7% et  -12.2%. Cette même performance a été positive  de l’ordre de 12% entre  2001 et 2002. Pour le secteur secondaire, il faut noter que la croissance de la valeur ajoutée est restée stable entre les deux périodes de l’ordre de 3,3%. Cette stagnation est dû essentiellement à l’augmentation du BTP vs un recul dans la branche industrielle. Par ailleurs, le secteur des services a connu en moyenne une légère croissance : 2,3% entre 1999-2002 et 2.6 %  entre 2003-2008.

En analysant ces différentes données, il s’avère nécessaire d’établir un certain nombre d’hypothèses  pour déterminer les différentes causes éventuelles :

  • Accords de libre-échange signé par le Maroc et d’autres pays devenus effectifs à partir de 2004,
  • Changement du gouvernement ELYOUSOUFI (à référence socialiste) par un gouvernement libéral Driss Jettou,
  • Orientation des capitaux vers l’agriculture et baisse des investissements dans l’industrie,
  • Augmentation des coûts de l’énergie (flambée du baril de pétrole),
  • Stabilité du cours du dirham,
  • Augmentation du pouvoir d’achat des marocains,
  • Amélioration et augmentation de la consommation interne,
  • Facilité d’accès aux biens d’équipement et biens de consommation,
  • ….

Il est clair que  plusieurs raisons peuvent être citées, mais l’année 2003 représente réellement une année de changement au niveau des importations, des exportations….. Cette année est réellement un point d’inflexion où toute une économie a basculé.

En quittant le gouvernement, Maître Abderrahman El Youssoufia a annoncé lors de la conférence de Bruxelles en 2003: « Cependant, ce gouvernement peut se flatter d’avoir réduit la dette extérieure de 19,2 (1998) à 14,1 milliards de dollars (2002), qu’il a maintenu la moyenne de l’inflation à 2%, qu’il a réduit le taux national du chômage de 14,5 (1999) à 10,5% (2002), que la part du budget général de l’Etat alloué aux secteurs sociaux est passée de 41 à 48%, le taux d’électrification rurale de 27 à 50%, celui de la desserte des ruraux en eau potable de 32 à 50%, et le taux de scolarisation des 6 – 11 ans de 68 à 94%. L’année 2001 avait réalisé des performances économiques satisfaisantes: 6,5% de croissance, 5% du PIB comme excédent du compte courant de la Balance des paiements, maintien du déficit des finances publiques à 2,7% du PIB, réalisation d’un faible taux d’inflation de 0,6%. L’année 2002 a consolidé et confirmé ces performances avec un taux de croissance de 4,5%, un excédent du compte courant de près de 3%. Les recettes et rentrées touristiques montrent un rétablissement progressif de la confiance dans la destination Maroc. Les avoirs extérieurs se sont établis à 104,5 MM DH contre 99,3 (…) ce qui permet de couvrir 8,8 mois d’importation».

Le gouvernement Ittihadi a certes réussi son pari du point de vue économique et social vu qu’il a répondu avec Brio à l’appel national de Feu SM Hassan II dans lequel il disait que le Maroc était au bord de la crise cardiaque.  Il est clair aussi que ce gouvernement a échoué au niveau de la transition démocratique comme indiqué par maître Youssoufi dans la même conférence : « La période qui a suivi les élections du 27 Septembre 2002 a été fertile en surprises et en changements dans les rapports entre partis. Alors que l’on s’attendait au passage de «l’alternance consensuelle» à «l’alternance démocratique», un communiqué du cabinet Royal du 9 octobre 2002 annonça que M. Driss Jettou, qui était Ministre de l’Intérieur dans le gouvernement précédent, a été nommé par Sa Majesté le Roi, Premier Ministre. C’est M. Jettou qui avait supervisé les élections du 27 septembre 2002 et dont la performance a été unanimement louée à l’intérieur comme à l’extérieur. Il ne s’était pas présenté à ces élections et il n’est inscrit dans aucun parti. Notre parti se devait de prendre position devant cette décision. Le Bureau politique de l’USFP publia le lendemain un communiqué déclarant que la désignation du Premier Ministre en dehors des partis ayant participé aux élections et du parti qui a obtenu le plus grand nombre de sièges n’est pas conforme à la méthodologie démocratique………...Aujourd’hui que cette expérience s’est achevée sans qu’elle ait débouché sur ce que nous attendions d’elle, à savoir l’orientation vers la Démocratie par les avancées historiques qui constitueraient une coupure avec les pratiques du passé, nous nous trouvons encore une fois devant un impératif national qui nous engage à patienter pendant deux ans, dans l’espoir de voir la possibilité de réalisation du rêve de la transition sereine et tranquille à la Démocratie. Espérons de ne pas perdre dans le proche avenir la faculté de rêver »

Par ailleurs, il faut souligner aussi les avancées considérables concernant les droits de l’homme, les droits de la femme, la corruption et le coté législatif… comme a été mentionné dans son discours : « Sous la direction de ce gouvernement ont été constituées des commissions d’enquête parlementaires et autres qui ont dévoilé de grands scandales et malversations dans des établissements publics et bancaires, perpétrés avant la formation de ce gouvernement, que des procès jugeant des malfaiteurs sont en cours. Ajoutons à cela la liquidation des dossiers relatifs aux droits de l’homme, l’indemnisation des victimes de disparitions forcées, de détentions arbitraires et d’autres répressions exercées contre elles dans les années «70» et «80» indemnisation qui a coûté à l’Etat plus de 80 millions de dollars, l’édiction d’un arsenal de lois et de décrets dans le domaine social, notamment les textes de la réforme de l’éducation et de la formation, de l’assurance maladie obligatoire, de la sauvegarde et de l’élargissement de la liberté d’expression et de la presse, la réforme du code de procédure pénale, l’exécution d’un nombre impressionnant de jugements, la démonopolisation de l’audiovisuel et l’institution d’un haut conseil de l’audiovisuel. »

La nomination du gouvernement Jettou a été en effet un retournement de la situation vu que la transition démocratique n’a pas été assurée. Et que nous revenons à la notion de troisième force que le Maroc avait connue après son indépendance comme mentionné dans le discours de Maître Youssoufi. Cette troisième force a en effet repris le pouvoir d’une manière ou d’une autre afin d’édifier son projet libéral qui tente à avoir la main mise sur la richesse du pays.

Cette troisième force a en effet réorienté  toute sa stratégie économique vers :

  • L’agriculture à travers des investissements dans le secteur agricole qui est un secteur exonéré d’impôts. Cette exonération a été mise par feu SM Hassan 2 en 1984 après les années de sécheresse. Elle a été prorogée afin de soutenir le secteur de l’agriculture et les cultures traditionnelles vivrières au Maroc, pour faire du secteur agricole le principal moteur de la croissance économique du royaume. Au Maroc, l’agriculture représente 16% du PIB et emploie 40% de la population active.
  • Le BTP à travers des investissements monstre et encourageant la rente foncière,
  • Les services dans le domaine du commerce, activités financières et assurance, branche fictive…

Cette démarche obéit à une stratégie à court-terme engendrant par conséquent un désengagement dans les secteurs capitalistes comme l’industrie et à l’utilisation des accords de libre-échange dans le mauvais sens.

Cette politique purement libérale doit incessamment sous peu être arrêtée en favorisant une politique socio démocratique bâties sur :

  • La révision des accords de libre-échange en implémentant une politique de défense commerciale en se basant sur les critères rapportés par l’OMC,
  • La révision de la fiscalité au Maroc dans tous les domaines,
  • Combattre la rente et régulariser tous les systèmes de rente,
  • Combattre la corruption à travers l’implémentation d’un état de droit,
  • Création d’une caisse d’encouragement de la création industrielle et des investissements industriels,
  • Revoir nos politiques d’exportations….

 

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